
Le rappeur Doums au cœur d’une enquête pour violences conjugales
Le rappeur Doums, voix respectée du hip-hop parisien et membre fondateur d’une scène indépendante exigeante, se trouve aujourd’hui au cœur d’une procédure judiciaire lourde de conséquences. Dimanche 11 janvier, peu après la mi-journée, une femme s’est rendue au commissariat de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, pour dénoncer des faits de violences conjugales qu’elle impute à son compagnon. À la suite de cette plainte, l’artiste a été interpellé puis placé en garde à vue.
D’après les informations révélées par Le Parisien le lundi 12 janvier 2026, l’intervention policière s’est déroulée dans un laps de temps particulièrement court. Moins d’une heure après le dépôt de plainte, les forces de l’ordre se sont présentées au domicile du rappeur. Âgé de 33 ans, Mamadou Coulibaly — son identité civile — a été arrêté sans incident, avant d’être conduit devant un officier de police judiciaire et placé en garde à vue.
Toujours selon le quotidien francilien, les faits rapportés se seraient produits sous les yeux des enfants du couple, en présence également d’une proche parente. À l’issue de l’intervention, cette dernière et les enfants auraient rejoint la plaignante. Dans ce contexte délicat, Doums aurait sollicité l’autorisation de contacter Nekfeu, son ancien complice artistique au sein du collectif L’Entourage, lui-même confronté ces dernières années à des accusations de violences conjugales et sexuelles.
À ce stade, la justice n’a communiqué aucun détail sur la qualification pénale retenue ni sur les suites immédiates de la procédure. L’avocate du rappeur a fait savoir qu’elle ne souhaitait pas commenter l’affaire.
Originaire du 9ᵉ arrondissement de Paris, Doums s’est construit loin des projecteurs tapageurs une carrière marquée par la constance et la reconnaissance de ses pairs. Artiste discret, il a forgé son identité sur une écriture dense, une technique rigoureuse et un attachement revendiqué aux codes d’un rap indépendant, exigeant et introspectif.
C’est au début des années 2010 qu’il se fait connaître au sein de L’Entourage, collectif emblématique qui rassemble notamment Nekfeu, Alpha Wann, Deen Burbigo ou Jazzy Bazz. Cette aventure collective façonne durablement son univers artistique : un rap nourri de références, porté par des schémas de rimes complexes et une recherche permanente de précision stylistique.
Sur le plan privé, Doums a partagé plusieurs années la vie de l’actrice Adèle Exarchopoulos, révélée au grand public par La Vie d’Adèle : Chapitres 1 et 2. Leur relation, tenue à l’écart de la médiatisation excessive, a néanmoins été ponctuée de quelques apparitions publiques, notamment lors du Festival de Cannes ou à l’occasion d’un séjour à Marrakech au printemps 2016.
En mars 2017, à l’occasion du défilé Louis Vuitton puis via les réseaux sociaux, l’actrice annonçait sa première grossesse. Le couple accueillera un enfant la même année. Depuis lors, Doums s’est montré particulièrement soucieux de préserver sa vie familiale, refusant toute exposition médiatique, à contre-courant des usages fréquents dans l’industrie musicale.
L’affaire qui vise aujourd’hui le rappeur fait inévitablement écho au dossier judiciaire impliquant Nekfeu, de son vrai nom Ken Samaras, figure centrale de la même génération artistique. L’artiste est mis en cause par son ex-épouse pour des faits de violences psychologiques et physiques, ainsi que pour des accusations d’« emprise coercitive », dans un contexte de séparation conflictuelle et de litige autour de la garde de leur enfant, selon Le Monde. Des faits qu’il conteste fermement.
Entre septembre 2023 et mai 2024, le parquet de Paris avait classé sans suite trois plaintes successives pour viol, violences et harcèlement, estimant les éléments insuffisants pour engager des poursuites. Toutefois, une nouvelle plainte déposée ultérieurement a conduit, en septembre 2025, à l’ouverture d’une information judiciaire.

Nekfeu participe à la séance photo « Tout nous sépare » lors du 12e Festival du film de Rome à l'Auditorium Parco Della Musica, le 27 octobre 2017 à Rome, en Italie I Source : Getty Images
Placée en garde à vue entre le 29 septembre et le 5 octobre, Nekfeu a ensuite été remis en liberté. Son avocate, Me Marie-Alix Canu-Bernard, avait alors déclaré que cette procédure devait permettre « d’examiner l’authenticité des pièces produites » et de « clarifier un climat médiatique délétère entretenu depuis de longs mois ». Les avocats de la plaignante avaient, pour leur part, salué l’ouverture de l’instruction, évoquant l’existence de « charges sérieuses ».
Concernant Doums, l’enquête se poursuit. Les décisions à venir de l’autorité judiciaire seront déterminantes pour la suite de cette affaire, désormais observée de près tant par le public que par le monde culturel. En suspens, c’est l’équilibre d’un parcours — artistique, personnel et symbolique — qui demeure suspendu à l’appréciation de la justice.
