
Intrusion au Louvre : le portrait du prince Andrew accroché clandestinement
Au cœur de Paris, sous les plafonds dorés du Louvre, l’éphémère intrusion d’un portrait polémique aura rappelé que, même dans les temples de la culture, l’actualité la plus brûlante peut surgir là où on ne l’attend pas.
Sous les voûtes majestueuses du plus célèbre musée du monde, « une oeuvre » pour le moins inattendu a suscité, dimanche 22 février 2026, une vague de stupeur mêlée d’ironie.
Le collectif « Everyone Hates Elon », connu pour ses actions spectaculaires visant les grandes figures du capitalisme et des élites mondiales, semble avoir voulu frapper fort. En choisissant le Louvre, haut lieu du patrimoine culturel universel, les militants ont manifestement cherché à créer un contraste saisissant entre la noblesse des chefs-d’œuvre exposés et l’image d’un membre controversé de la famille royale britannique.

Andrew Mountbatten-Windsor assiste à la traditionnelle messe de Pâques à la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, le 20 avril 2025, à Windsor, en Angleterre. | Source : Getty Images
Une photographie du prince Andrew, prise la semaine dernière à sa sortie de sa garde à vue, a été clandestinement installée dans l’enceinte du Musée du Louvre, selon une vidéo relayée par Paris Match.
La scène, captée et diffusée sur les réseaux sociaux, montre le portrait d'Andrew placée parmi les œuvres permanentes. La photographie — montrant le prince Andrew dans une posture fermée, visage marqué et regard fuyant — a immédiatement attiré l’attention des visiteurs.

Andrew Mountbatten-Windsor quitte le siège social de Crossrail à Canary Wharf le 7 mars 2011 à Londres, en Angleterre. | Source : Getty Images
En plaçant son portrait dans un musée emblématique de la culture occidentale, les militants cherchaient probablement à confronter le public à ce qu’ils considèrent comme l’incongruité d’une figure controversée bénéficiant encore d’une visibilité médiatique.
Reste à savoir si cette opération aura des suites judiciaires ou disciplinaires. En attendant, elle aura réussi son pari : provoquer un débat, susciter des réactions et inscrire, l’espace d’un instant, le visage du prince Andrew dans un décor habituellement réservé aux figures immortalisées par l’histoire et le génie artistique.
L’incident n’a pas tardé a créé le buzz. Les images de l’accrochage ont circulé à grande vitesse sur les plateformes sociales, suscitant une avalanche de réactions. Sous la publication de Paris Match, les internautes n’ont pas tardé à commenter l’audace de l’opération. L’humour a dominé, souvent teinté de sarcasme.
« Les gardiens étaient en pause… », a ironisé l’un d’eux, suggérant une faille dans la surveillance du prestigieux établissement. Un autre a renchéri : « Le Louvre c’est vraiment open bar », moquant la facilité apparente avec laquelle l’action a pu être menée.

Capture d'écran du commentaire d'un internaute I Source : https://www.facebook.com/reel/1417226043531958

Capture d'écran du commentaire d'un internaute I Source : https://www.facebook.com/reel/1417226043531958
Certains ont exprimé leur adhésion à la démarche : « J’adore, j’adhère ! », peut-on lire parmi les commentaires les plus likés. D’autres, en revanche, ont interrogé le sens de cette initiative : « C’est quoi le rapport avec les antiquités, la culture etc… », s’est interrogé un internaute, visiblement perplexe face à ce détournement symbolique.

Capture d'écran du commentaire d'un internaute I Source : https://www.facebook.com/reel/1417226043531958

Capture d'écran du commentaire d'un internaute I Source : https://www.facebook.com/reel/1417226043531958
Ces réactions illustrent le double effet recherché par ce type d’action : provoquer, diviser, faire parler. Entre satire politique et performance militante, l’événement a réussi à s’imposer dans l’actualité du jour, éclipsant presque la question centrale : celle de la situation judiciaire du prince Andrew lui-même.
Retour sur l’affaire du prince Andrew
Le prince Andrew, duc d’York et frère cadet du roi Charles III, est depuis plusieurs années au cœur d’une affaire aux ramifications internationales. Son nom a été associé à celui de Jeffrey Epstein, financier américain accusé de trafic sexuel de mineures et retrouvé mort en détention en 2019.
Accusé par l’une des plaignantes d’Epstein d’agression sexuelle alors qu’elle était mineure, le prince Andrew a toujours nié les faits. L’affaire a pris une ampleur considérable lorsqu’il a accordé, en 2019, une interview controversée à la BBC, au cours de laquelle il a tenté de se défendre. L’entretien, largement critiqué, avait suscité un tollé médiatique et précipité son retrait de la vie publique.
En 2022, un accord financier à l’amiable a été conclu avec la plaignante américaine, sans reconnaissance de culpabilité. Néanmoins, la réputation du duc d’York a été durablement entachée. Il a été privé de ses titres militaires honorifiques et de ses patronages royaux, et s’est progressivement effacé de la scène institutionnelle.

Melania Trump, Andrew Mountbatten-Windsor, Gwendolyn Beck et Jeffrey Epstein lors d'une soirée au club Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 12 février 2000. | Source : Getty Images
La récente garde à vue intervient, elle, après son arrestation particulièrement spectaculaires, jeudi 19 février 2026, peu après 8 heures du matin, à Wood Farm, résidence isolée située sur le domaine de Sandringham et autrefois prisée par le prince Philip. C’est dans cette propriété, où Andrew Mountbatten-Windsor s’était retiré après son départ du Royal Lodge à Windsor, que les forces de l’ordre ont mené une intervention coordonnée.
Six véhicules de police non identifiés ont pénétré sur le domaine, cinq d’entre eux empruntant des accès distincts. Des témoins ont décrit des individus en civil, semblant appartenir aux forces de l’ordre, ainsi que du matériel informatique transporté sur les lieux. Peu après, un convoi a quitté la propriété, renforçant l’impression d’une opération soigneusement planifiée. Quelques heures plus tard, la police de Thames Valley confirmait l’arrestation d’un homme « d’une soixantaine d’années originaire du Norfolk », soupçonné de conduite répréhensible dans l’exercice de fonctions publiques.

Andrew Mountbatten-Windsor arrive à la chapelle Saint-Georges pour assister à la messe de Pâques le 31 mars 2024. | Source : Getty Images
L’analyste policier Danny Shaw a précisé que l’ancien duc d’York pourrait être légalement maintenu en garde à vue jusqu’à 96 heures, mais uniquement sous réserve de prolongations successives autorisées par des officiers supérieurs et validées par un tribunal. En pratique, a-t-il rappelé, la majorité des suspects sont retenus 12 à 24 heures avant d’être inculpés ou libérés sous enquête.
Quelques heures après son arrestation, Andrew a été relâché, mais reste « sous enquête ». Les investigations portent sur des allégations de faute dans l’exercice de fonctions publiques, dans un contexte plus large de réexamen des dossiers liés à Jeffrey Epstein. Neuf forces de police britanniques ont indiqué évaluer activement les informations issues de ces archives, tandis que la National Crime Agency collabore à une investigation multi-agences. Des perquisitions ont été menées dans le Berkshire et le Norfolk.
Face à la tempête médiatique, le roi Charles III a fait savoir qu’il coopérerait pleinement si l’enquête venait à concerner directement son frère. Reste désormais à déterminer si cette procédure marque un tournant judiciaire décisif pour l’une des figures les plus controversées de la monarchie britannique contemporaine.
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